Le salon de Montreuil 2017 se prépare

montreuil 2017

Cette année, le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse se tiendra du 29 novembre au 4 décembre et aura pour thème : « Les représentations de l’enfance dans la littérature jeunesse » !
Avec ce thème, le Salon invite le public à un voyage dans les royaumes de l’enfance en empruntant les chemins tracés par les plus grands auteurs et illustrateurs de littérature jeunesse.

Les dédicaces :

* Michel Lafon :
Jay Asher (What Lights, 13 raisons)

* Rageot :
Sarah Crossan (Inséparables)
Clémentine Beauvais (Inséparables)

* Gallimard :
Anne-Laure Bondoux (L’aube sera grandiose)
Isabelle Pandazopoulos (Trois filles en colère)

* Nathan :
Cathy Cassidy (Les filles au chocolat)
Vic James (Les puissants)
Antoine Jaunin et Romain Quirot (Gary Cook)

* Actes sud :
Antoine Dole (Naissance des coeurs de pierre)

* Lumen :
Shannon Messenger (Les gardiens de la cité perdue)

* PKJ :
Stéphane Michaka (Cité 19)
Marie Pavlenko (Marjane)

* Bayard :
Brian Selznick (Les marvels)

Les conférences :

EN VERS LIBRES : Quand Kwame Alexander (Frères, Albin Michel Jeunesse), Sarah Crossan (Inséparables, Rageot) et Clémentine Beauvais (Songe à la douceur, Sarbacane) se jouent des codes d’écriture et de création pour évoquer l’adolescence… L’occasion d’aborder également pour les auteurs leur rapport à la langue et aux mots.

ENTRE MÈRES ET FILLES : Trois écrivaines, Jeanne Benameur (La Géographie absente, Bruno Doucey éditions), Anne-Laure Bondoux (L’aube sera grandiose, Gallimard jeunesse), et Jo Witek (Mère, fille, mère, etc., éditions du Pourquoi pas ?) empruntent chacune des genres différents pour aborder la question de la transmission et du matrimoine culturel et familial…

BRIAN SELZNICK : L’auteur de Hugo Cabret (Bayard jeunesse) revient en France pour la sortie du film Le Musée des merveilles et de son ouvrage à paraître Les Marvels, une saga
familiale qui se décline tant en mots qu’en images… une double narration orchestrée d’une main de maître !

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La Complainte/ La balade de Maggie Stiefvater

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Si la première saga de Maggie Stiefvater n’a pas été traduite en France, j’ai eu l’occasion de lire la version canadienne.

Deirdre est une jeune fille sérieuse qui partage son quotidien entre la musique et son meilleur ami, James, une vie plutôt tranquille. Mais le jour où elle croise le séduisant Luke, des choses inexpliquées commencent à se produire : odeur fleuri, des trèfles à quatre feuilles partout sur son chemin et surtout des créatures inquiétantes qui rôdent…

Une écriture poétique, des personnages mystérieux, une ambiance mystique… Aucun doute, nous sommes bien en présence d’une saga de Maggie Stiefvater ! Dès les premières pages, on plonge dans ce monde féerique où les fées ne sont pas des gentilles petites créatures ailées mais bien des créatures démoniaques ! L’auteur s’appuie sur le folklore pour nous dépeindre un monde féérique dont les héros doivent se méfier. Il est d’ailleurs agréable de suivre Deirdre puis James dans le tome deux, même si j’ai ma préférence pour James. Deirdre est une adolescente plutôt sage, comme on en rencontre souvent dans la littérature Young Adult mais James a un humour très « pince sans rire » qui m’a beaucoup plu et qui allège beaucoup le récit.

« Pas besoin de dire à un oiseau qu’il est un oiseau
Ou de rappeler à un poisson sa raison d’être.
Nous sommes les seuls à oublier qui nous sommes,
Voila pourquoi nous portons un nom. »

Pourtant, j’avoue que j’ai parfois eu du mal avec la traduction. Le style poétique était parfois parsemé de dialogue au langage plus familier, plus cru, ce qui donnait un résultat peu naturel avec lequel j’ai parfois eu du mal. De plus, j’ai également eu l’impression que l’auteur n’allait pas toujours au bout de ses idées. Certaines intrigues sont abordées mais très peu développées. Cela ne gêne en rien la compréhension de la saga mais je me suis sentie frustrée.

En bref, la première saga de Maggie Stiefvater ravira ses fans, avides de découvrir ses premiers ouvrages en attendant la sortie de All the crooked saints, son prochain roman qui sortira le 10 octobre 2017.

La Complainte – La balade de Maggie Stiefvater
Edition Ada

Gloria de Martine Pouchain

gloriaAprès une grosse panne de lecture, il me fallait repartir avec une valeur sûre. Mon choix s’est tout naturellement porté sur Gloria, un roman de Martine Pouchain, l’auteure de l’excellent Dylan Dubois !

Après une enfance difficile, Gloria rêve de gloire, de paillettes et surtout de reconnaissance. Mais à dix-sept ans, son ambition est vite remise en question quand elle tombe enceinte. Le choix est évident : Gloria ne peut pas élever cet enfant et un autre couple serait bien mieux pour le bébé… et pour elle. Pourtant, quelques années plus tard, Gloria regrette sa décision et décide d’aller récupérer son fils.

Dès les premières pages, la plume de Martine Pouchain nous happe : impossible de reposer le livre avant de l’avoir dévoré ! L’histoire nous est contée par un mystérieux narrateur qui nous raconte l’histoire de Gloria depuis son enfance. On connaît donc parfaitement notre héroïne, ce qui permet de nous identifier sans mal à celle-ci. On souffre avec elle et même si on n’est pas toujours d’accord avec ses choix, on arrive à la comprendre.

Il faut dire que l’auteure ne ménage pas son personnage. Loin de nous dépeindre le monde merveilleux d’Hollywood, Martine Pouchain nous montre l’envers du décor, ce qui se cache vraiment derrière les paillettes : concurrence, difficulté à trouver un premier rôle, frustration de devoir trouver de l’argent pour vivre, piston, drogue… On est bien loin du rêve américain ! Mais même si elle oscille entre espoir et désillusion, Gloria reste une jeune femme forte à laquelle on souhaite ressembler. Elle ne lâche jamais rien et sa ténacité est une vraie bouffée d’air frais !

De la même manière qu’avec Dylan Dubois, Martine Pouchain m’a dépaysée, avec ses paysages hors du commun. Gloria est une fenêtre ouverte sur le monde et, en accompagnant Gloria dans son road trip, on a à notre tour envie de partir en voyage.

Avec cette lecture, je suis désormais convaincue que les romans de Martine Pouchain sont faits pour moi ! La morale de Gloria est touchante : malgré les épreuves de la vie, le monde qui nous entoure est beau et il faut en profiter. Un message on ne peut plus vrai, que je vous invite à lire à votre tour !

Gloria de Martine Pouchain
Edition Sarbacane
272pages – 15€50

Le silence des sirènes Sarah Ockler

le silence des sirenesLe destin d’Elyse était tout tracé : sa jumelle et elle allaient devenir des chanteuses mondialement connues, enchaînant les tournées. Pourtant, un accident va remettre en question leur projet : l’adolescente perd sa voix et en même temps le chant, sa raison de vivre. Ne pouvant supporter le regard compatissant de son entourage, Elyse fuit en Oregon, chez sa tante.

Avec un tel titre, il était évident que Le silence des sirènes allait accompagner mes vacances. Dès les premières pages, Sarah Ockler nous transporte dans une petite ville portuaire au charme pittoresque. En lisant la quatrième de couverture, j’ai craint que tout ne tourne qu’autour d’une romance plutôt classique : la fille au destin tragique et le bad boy qui lui redonne goût à la vie. Heureusement, l’auteure préfère se focaliser sur la reconstruction d’Elyse, un thème qui fera écho au vécu de nombreux lecteurs. En effet, on a tous eu, à un moment donné, un rêve qui s’est retrouvé brisé : comment trouver la force alors, de se relever et de choisir un autre rêve qui nous rendrait à nouveau heureux ? Dans un style agréable à lire, Sarah Ockler parvient à trouver les mots justes : certaines phrases, écrites en vers, forment une jolie mélodie à la lecture.

“Quand un de nos rêves prend feu sous nos yeux, rien ne nous oblige à nous effondrer. Il suffit de se mettre à quatre pattes et de tamiser les cendres jusqu’à trouver la toute dernière braise, la toute dernière étincelle. Et de souffler. Souffler. Souffler. Jusqu’à allumer un nouveau foyer.”

Et si l’histoire pourrait sembler classique aux yeux de certains, Sarah Ockler va plus loin et propose également à ses lecteurs une réflexion sur les méfaits du tourisme de masse, la pression sociale et même la théorie du genre… Dans son roman, l’auteure nous dépeint des personnages féminins de caractère, des personnages masculins moins sûr d’eux et des petits garçons qui ne trouvent pas juste que seules les petites filles puissent se déguiser en sirènes.

“C’était une tactique que je connaissais bien. La fureur est plus facile à supporter, à canaliser, que la tristesse. C’est une lame nette et tranchante, contrairement à la tristesse dont les contours sont émoussés.”

En bref, si vous aimez les romans d’été guimauve mais pas trop ou si vous aviez déjà aimé les romans de Sarah Dessen, n’hésitez pas à découvrir Le silence des Sirènes. On y retrouve une ambiance intimiste, des personnages attachants, mais également des histoires d’amour et d’amitié qui font du bien au moral… le tout dans une ville où on adorerait passer nos vacances, alors pourquoi se priver ?

Le silence des sirènes de Sarah Ockler
Edition Nathan
464 pages – 16€95

Inséparables de Sarah Crossan

17499120_1289460231136565_8156079668771348986_nTippi et Grace sont jumelles… mais pas de n’importe quel type : elles sont siamoises. Depuis leur naissance, elles partagent tout, surtout le regard des gens. Mais aujourd’hui, une nouvelle vie commence : pour la première fois de leur vie, Tippi et Grace vont aller au lycée…

Inséparables fait partie de ces livres hors normes, tant par la forme que par le contenu. Sarah Crossan montre que même sous forme de poésie, il est encore possible de raconter une histoire… Et quelle histoire ! Tippi et Grace ont un destin hors du commun. On s’attache sans aucune difficulté aux héroïnes mais pas seulement ! En effet, il est plutôt normal de s’attacher aux protagonistes principaux d’un roman mais ici, on se lie davantage aux personnages secondaires. Sarah Crossan met en avant les conséquences qu’impliquent un tel destin sur l’ensemble de la famille, notamment sur la petite sœur de Tippi et de Grace. Inséparables est également l’occasion pour l’auteur d’imaginer (de dépeindre ?) le quotidien de siamoises. En effet, ici, la notion d’intimité prend un tout nouveau sens sachant que Grace et Tippi partagent absolument tout.

Le style du roman est également une particularité puisque Sarah Crossan a écrit toute son histoire en vers. Bien ancrée dans la littérature anglo-saxonne, la littérature en vers est arrivée en France avec Songe à la douceur de Clémentine Beauvais. Il est donc C’est donc tout naturellement que la traduction d’Inséparables a été confiée à l’auteure française. Il en résulte un roman agréable à lire, fluide et surtout très touchant. En effet, les vers donnent de la profondeur au texte, et un rythme qui nous plonge directement dans le récit.

Le pari est donc réussi : Inséparables est un roman que j’ai dévoré et que je vous conseille vivement de découvrir… avec son histoire et un genre littéraire audacieux, on ne peut laisser passer ce genre de pépite !

Inséparables de Sarah Crossan
Edition Rageot
416 pages – 14€90

Les secrets de Brune

les secrets de bruneNouveau collège, nouvelle vie. Brune, timide et réservée, se pose plein de questions sur la vie, sur ses nouveaux camarades et sur ses nouveaux professeurs… Va-t-elle savoir gérer son angoisse face à toutes ces nouveautés ?

Après avoir conquis la toile grâce à sa chaine YouTube, Bruna Vieira propose à ses lecteurs une réflexion sur l’adolescence, en duo avec Lu Cafaggi au dessin. Avec ses illustrations tout en douceur, Les secrets de Brune m’intriguait : Lu Cafaggi nous régale de son style aérien. Les flous sont travaillés et confèrent aux lecteurs l’impression que l’héroïne a été dessinée avec des nuages. Cette technique donne d’ailleurs un charmant côté rétro à l’œuvre : même les bulles ont l’air de flotter ! Les secrets de Brune plonge ses lecteurs dans une parenthèse enchantée qui fait un bien fou.

Brune est une héroïne à laquelle de jeunes lecteurs pourront s’identifier sans mal. Loin d’être expansive, elle s’interroge sur son quotidien et se cherche. L’histoire sonne juste, l’intrigue est développée avec réalisme et certaines scènes feront écho à des situations déjà vécues par tous : la préparation le jour de la rentrée, la première rencontre avec de nouveaux camarades…

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J’ai également beaucoup aimé la forme de la BD, basée sur l’échange : comme sur les réseaux sociaux où elles sont très actives, Bruna Vieira et Lu Cafaggi ont choisi d’interagir avec le lecteur. Ainsi, au cours de la lecture, elles nous invitent à partager avec elles notre quotidien, nos ressentis… sans oublier de partager avec nous leur playlist, leurs recettes préférées !

En bref, Les secrets de Brune est un pari réussi pour l’auteure et l’illustratrice ! On ressort de cette lecture avec l’impression d’avoir retrouvé une amie de longue date, que l’on quitte avec regret. Il me tarde de lire les prochaines aventures de Brune et de retrouver cette héroïne plus qu’attachante.

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Les secrets de Brune de Bruna Vieira et Lu Cafaggi
Edition Sarbacane
88 pages – 15€50