Gloria de Martine Pouchain

gloriaAprès une grosse panne de lecture, il me fallait repartir avec une valeur sûre. Mon choix s’est tout naturellement porté sur Gloria, un roman de Martine Pouchain, l’auteure de l’excellent Dylan Dubois !

Après une enfance difficile, Gloria rêve de gloire, de paillettes et surtout de reconnaissance. Mais à dix-sept ans, son ambition est vite remise en question quand elle tombe enceinte. Le choix est évident : Gloria ne peut pas élever cet enfant et un autre couple serait bien mieux pour le bébé… et pour elle. Pourtant, quelques années plus tard, Gloria regrette sa décision et décide d’aller récupérer son fils.

Dès les premières pages, la plume de Martine Pouchain nous happe : impossible de reposer le livre avant de l’avoir dévoré ! L’histoire nous est contée par un mystérieux narrateur qui nous raconte l’histoire de Gloria depuis son enfance. On connaît donc parfaitement notre héroïne, ce qui permet de nous identifier sans mal à celle-ci. On souffre avec elle et même si on n’est pas toujours d’accord avec ses choix, on arrive à la comprendre.

Il faut dire que l’auteure ne ménage pas son personnage. Loin de nous dépeindre le monde merveilleux d’Hollywood, Martine Pouchain nous montre l’envers du décor, ce qui se cache vraiment derrière les paillettes : concurrence, difficulté à trouver un premier rôle, frustration de devoir trouver de l’argent pour vivre, piston, drogue… On est bien loin du rêve américain ! Mais même si elle oscille entre espoir et désillusion, Gloria reste une jeune femme forte à laquelle on souhaite ressembler. Elle ne lâche jamais rien et sa ténacité est une vraie bouffée d’air frais !

De la même manière qu’avec Dylan Dubois, Martine Pouchain m’a dépaysée, avec ses paysages hors du commun. Gloria est une fenêtre ouverte sur le monde et, en accompagnant Gloria dans son road trip, on a à notre tour envie de partir en voyage.

Avec cette lecture, je suis désormais convaincue que les romans de Martine Pouchain sont faits pour moi ! La morale de Gloria est touchante : malgré les épreuves de la vie, le monde qui nous entoure est beau et il faut en profiter. Un message on ne peut plus vrai, que je vous invite à lire à votre tour !

Gloria de Martine Pouchain
Edition Sarbacane
272pages – 15€50

Marquise de Joanne Richoux

marquiseDepuis leur plus tendre enfance, Charlotte et Billy ne rêvent que d’une chose : quitter leur petit village et vivre la belle vie à Paris. Alors quand Billy décide de tout plaquer pour rejoindre les Voluptueuses, une société secrète dirigée par un mystérieux Marquis, Charlotte le suit à regret… Car dans cette reproduction de la Cour du Roi Soleil, tout n’est pas aussi idyllique qu’il y paraît !

Pour un premier roman publié chez un grand éditeur, Joanne Richoux s’en sort à merveille : Marquise est un roman atypique (et donc typiquement fait pour la collection X’prim de Sarbacane !). Lire la suite

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot ♪Aux sombres héros de l’amer♪

samedi-14-novembreJ’avoue avoir commencé Samedi 14 novembre avec un peu d’appréhension : les attentats du 13 novembre 2015 sont encore tout frais dans nos esprits et on nous a tellement balancé d’images sur ce qu’il s’est passé que je craignais que le roman manque de recul : que ce soit encore trop tôt, trop vrai, trop tragique pour que j’accroche.

Le vendredi 13 novembre, à la terrasse d’un café parisien, Pierre fête l’anniversaire de son frère, Benjamin. Soudain, des individus armés sortent d’une voiture noire et tirent à tout-va, et la vie de Benjamin bascule dans l’horreur : la peur, l’incompréhension, mais surtout, il est habité par une colère noire dès qu’il pense à ceux qui ont tué son frère aîné.

Avec pour thème les attentats du 13 novembre dernier, difficile de ne pas se sentir concerné par l’histoire de ce roman ! Dès les premiers mots, le lecteur se retrouve happé par la plume de Vincent Villeminot. En mettant l’accent sur le ressenti de son personnage principal, sur ses sentiments, l’auteur prend le recul nécessaire et nous livre un roman tout en émotions. Le style se veut brut, direct : pas de place pour les jolis mots quand l’horreur frappe. Et malgré une plume qui peut paraître distante ou froide, on s’attache d’emblée à Benjamin. Avec lui, on s’interroge : à sa place, aurions-nous agi différemment ?

Mais avec Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot ne nous parle pas uniquement du traumatisme post-attentat. Comme Marion Brunet l’avait fait avec Dans le désordre, l’auteur nous dépeint ici le mal-être de la jeunesse dans toutes ses contradictions : la peur du futur mais l’espoir d’un avenir meilleur, la peur de l’inconnu mais une grande ouverture d’esprit… Le point de vue de Benjamin est mis en avant, mais d’autres personnages nous livrent également leur vision de la tragédie : le témoignage de Layla, une jeune musulmane, marquera tout particulièrement les lecteurs. Vincent Villeminot nous rappelle que rien n’est jamais blanc ou noir, que le monde est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, loin de tout manichéisme.

Vous l’aurez donc compris, la lecture de Samedi 14 novembre a été une vraie claque pour moi : le parlé des personnages, souvent cru et violent, pourra parfois laisser mal à l’aise mais il fait écho à la laideur de la réalité, à la violence des évènements. Sans être un roman témoignage, Samedi 14 novembre a le mérite de poser des mots sur une souffrance silencieuse, d’apporter une vraie réflexion sur un sujet d’actualité encore sensible. N’hésitez donc pas à le découvrir et foncez dans votre librairie le 2 novembre prochain !

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot
Edition Sarbacane
216 pages – 15€50

Aux sombres héros de l’amer – Noir Désir

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais ♪ Je t’oublierai ♪

Source: ExterneAlors qu’il n’est pas encore sorti, Songe à la douceur, le nouveau roman de Clémentine Beauvais, fait déjà beaucoup parlé de lui de par son originalité. Ayant adoré Comme des images, il me tardait de le lire et grâce aux éditions Sarbacane, j’ai eu l’occasion de le lire en avant-première. Mais a-t-il été à la hauteur de mes attentes ?

Tatiana a quatorze ans et des rêves pleins la tête, tirés des plus belles romances. À dix-sept ans, Eugène n’attend plus rien de la vie, il est d’un pessimisme impressionnant ! Pourtant, l’adolescente va tomber amoureuse de lui mais va vite être rejetée. Dix ans plus tard, ils se recroisent par hasard, Tatiana est une jeune femme ambitieuse, Eugène, un garçon paumé. Les rôles se sont inversés : Eugène tombe immédiatement sous le charme de Tatiana, mais Tatiana voudra-t-elle encore de lui ?

Avec Songe à la douceur, préparez-vous à découvrir un livre comme vous n’en avez jamais lu ! Si l’histoire peut sembler plutôt classique, Clémentine Beauvais fait preuve d’originalité en écrivant tout le roman en vers et ce style, surprenant au départ, amène beaucoup de douceur à l’œuvre. On se laisse embarquer par la plume de l’auteure : avec Songe à la douceur, Clémentine Beauvais nous prouve que la poésie n’est pas dépassée et qu’elle a encore sa place dans la littérature jeunesse.

Mais le roman de Clémentine Beauvais n’est pas qu’à lire uniquement pour sa forme : les deux personnages principaux sont magnifiques et c’est un bonheur que de les voir évoluer sans sombrer dans la caricature ou le pathos. Ainsi, dix ans plus tard, la timide Tatiana sait ce qu’elle veut alors qu’Eugène, lui, s’enlise dans sa solitude. Leur relation est extrêmement bien dépeinte car elle sonne vraie. Pour écrire Songe à la douceur, Clémentine Beauvais s’est inspirée du roman et de l’opéra Eugène Onéguine, qui date du XIXème siècle, et pourtant, la romance est contemporaine, loin d’être mièvre ou idéaliste, au point que l’on oublie rapidement cette filiation avec un siècle antérieur. Seuls les vers nous le rappellent mais l’intrigue saura parler à chacun, grâce à sa modernité et le caractère atemporel de son intrigue.

Vous l’aurez compris, Songe à la douceur est un gros coup de cœur que je vous conseille de découvrir dès sa sortie en librairie le 24 août prochain surtout si vous cherchez un roman original à lire !

Si vous voulez découvrir un autre avis, je vous laisse consulter celui d’Amadis, avec qui j’ai lu ce roman !

Songe à la douceur de Clémentine Beauvais
Edition Sarbacane
248 pages – 15€90

Luciole – Je t’oublierai

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Dans le désordre de Marion Brunet ♪ Antisocial ♪

dans le désordreMarion Brunet a le don d’écrire des romans bouleversants. J’avais déjà été touchée par Frangine et La gueule du loup, ses deux autres livres publiés dans la collection Xprim, il me tardait donc de découvrir Dans le désordre, sa toute nouvelle histoire !

Après s’être rencontrés dans une manifestation, Basile, Jeanne, Marc, Tonio, Alison, Lucie et Jules décident de vivre ensemble, dans un squat. Ils se battent contre les inégalités, contre le capitalisme et rêvent ensemble d’un monde meilleur. Et au cœur de ce groupe, il y a Jeanne et Basile qui tombent amoureux, qui s’apprivoisent doucement, dans un quotidien de lutte et de révolte…

Difficile de mettre des mots sur le roman de Marion Brunet… En désordre, voilà comment on ressort de cette lecture. Dans le désordre ne peut pas être qualifié de bouleversant : il est plus que ça. L’intrigue s’ancre parfaitement dans l’actualité et fait écho à ce que l’on vit au quotidien. Marion Brunet nous parle de la vraie vie : crise sociale, chômage, pauvreté, inégalités, le tout sans tomber dans le pathos puisque nous suivons sept personnages, de tout âge et de tous horizons, qui ont décidé de lutter contre le système. Leurs convictions deviennent les nôtres et on ne peut pas rester de marbre face à leur combat. Le lecteur s’approprie les slogans cités et on en arrive à s’imaginer comme le huitième membre du groupe. Le nombre de héros peut sembler important mais l’auteur fait en sorte qu’ils soient tous au centre de l’histoire : chacun nous partage son histoire. On s’attache alors à toute la bande, qui nous semble tellement réelle qu’on a du mal à croire qu’elle soit fictive.

En effet, la plume de Marion Brunet est tellement percutante qu’elle nous fait oublier qu’on lit une histoire imaginée et destinée à un public adolescent. Chaque mot a l’air d’avoir été choisi avec soin, mais on se rend rapidement compte que ce n’est pas un effet de style : l’auteur écrit avec ses tripes et ça se ressent. Il est donc difficile de sortir indemne de cette lecture ! Traitant de sujets d’actualité, on pourrait croire que Dans le désordre est un livre polémique ou politique. Pourtant, ce n’est pas ce que l’on retient du roman : c’est un roman engagé (comme quasiment tous les romans de la collection Xprim) qui met en avant l’importance d’avoir ses propres opinions et surtout, encourage à les défendre !

Dans le désordre est un roman coup de poing, coup de cœur, qui me fait encore plus aimer la littérature « pour ados » : Marion Brunet fait un sans-faute et il ne reste plus qu’à attendre son prochain roman ! En attendant, je vous conseille très fortement de découvrir celui-ci qui ne vous laissera pas indifférent !

Dans le désordre de Marion Brunet
Edition Sarbacane
256 pages – 15€50

Trust – Antisocial

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Dans le désordre de Marion Brunet ♪ Antisocial ♪
Dans le désordre de Marion Brunet ♪ Antisocial ♪

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Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal ♪ Love Letters in the Sand ♪

Quelquun-quon-aime-620x987Dès qu’il est question de road trip, j’ai tendance à foncer sans réfléchir, parfois pour le pire (comme le roman de Wendy Wunder : Toutes ses choses qui nous échappent) mais heureusement, il y a souvent de très bonnes surprises, comme Quelqu’un qu’on aime, le nouveau roman de Séverine Vidal.)

Matt a prévu d’emmener Gary, son grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer, sur les traces d’un passé qui lui échappe. Mais rien ne se passe comme prévu : Matt découvre qu’il a une petite fille de dix-huit mois qu’il va devoir emmener, l’avion qu’ils doivent emprunter est annulé à cause d’une tempête de neige… Il décide alors de louer un van et deux inconnus, Luke et Antonia, décident de s’incruster dans leur voyage. Et si Matt craint le pire, il va très vite se rendre compte que tout n’est pas aussi noir autour de lui.

Tendre et bouleversant, Quelqu’un qu’on aime est un roman qui sort des sentiers battus en nous proposant une jolie histoire d’amour entre un petit-fils et son grand père. Malgré le thème délicat qu’elle aborde, Severine ne tombe pas dans le pathos et on s’attache très vite aux différents personnages : les moments passés entre Matt et sa fille sont juste adorables, les souvenirs de Gary, touchants… Luke, l’adolescent en fuite, est quant à lui intrigant : le mystère qui l’entoure est grand et c’est un régal de le voir se dévoiler. Enfin, Antonia apporte une touche de pep’s au récit : son dynamisme est contagieux et suivre les aventures de ce petit groupe hétéroclite se révèle d’autant plus agréable grâce à sa seule présence. Un brin de nostalgie nous envahit, au fur et à mesure que nous tournons les pages : même si les souvenirs et le road trip ne nous appartiennent pas, Séverine Vidal arrive à placer son lecteur au cœur de l’histoire, comme s’il faisait finalement parti intégrante du voyage.

Matt craignait le pire et ce n'est pas ce qui est arrivé. C'est même tout le contraire. A l'horizon il n'y a pas de soleil couchant magnifique, on ne voit pas à cent mètre dans ce chaos glacial, il n'y a rien, rien de ce qu'il avait prévu, rêvé.
Mais Matt s'en fout : ce sera ce que ce sera.
Et ça sera sans doute pas si mal.

Et si je ne connaissais l’auteur que dans un registre beaucoup plus jeunesse, j’ai été ravie de la découvrir dans cette histoire, destinée à un public adolescent ! La plume de l’auteur est toujours aussi fluide et on se laisse embarquer sans peine dans l’intrigue. Quelqu’un qu’on aime est une vraie leçon de vie : on y apprend que si le passé est important, il ne faut pas en oublier le présent !

C'est le présent qui est fragile ; il disparaît, il n'existe pas.
Luke sourit à cette inconnue en doudoune. Gary lui demande "Une autre, madame, et après on vous libère !", L'Eldorado dans le dos.
Il voudrait garder ce moment, le retenir.
Mais il ne peut pas, le présent file et c'est comme ça, alors Luke serre la main de Gary, falaise fragile qui attend, en retenant son souffle, le prochaine tremblement de terre.

En conclusion, Quelqu’un qu’on aime est un roman que je vous conseille fortement de découvrir : malgré l’abord d’une maladie pas toujours facile à appréhender, ce roman vous fera passer un excellent moment !

Quelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal
Edition Sarbacane
202 pages – 15€90

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Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal ♪ Love Letters in the Sand ♪
Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal ♪ Love Letters in the Sand ♪

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L’ogre au pull rose griotte de Marion Brunet ♪ Les bêtises ♪

l'ogre au pull griotteAprès l’ogre au pull vert moutarde, Marion Brunet nous revient avec L’ogre au pull rose griotte, une suite qui n’a rien à envier au premier tome !

Suite à leur folle aventure avec l’ogre, Abdou, Linda et Yoan se sont promis de ne plus jamais recroiser le chemin de l’horrible mangeur d’enfants ! Mais voilà, Linda a une idée en tête : elle veut que l’ogre mange son beau-père pour que sa mère soit enfin tranquille. Les trois amis quittent donc le foyer dans lequel ils vivent pour aller retrouver l’ogre, qui n’est pas si méchant qui n’est pas si méchant finalement …

Fini l’ambiance oppressante du foyer d’accueil : cette fois-ci, Marion Brunet nous éloigne du quotidien et nous emmène vers un monde où règnent ogres redoutables, sorcières et autres loups. Si j’avais déjà beaucoup aimé L’ogre au pull vert moutarde, je dois avouer que j’ai avoir préféré celui-ci. Les péripéties que rencontrent nos héros s’enchaînent pour notre plus grand plaisir. Il n’y a aucun temps mort et on dévore ce roman très vite (mince, serais-je à mon tour devenue une ogresse ?). J’ai aimé retrouver Abdou, Linda et Yoan, mais aussi découvrir de nouveaux personnage, tous plus loufoques les uns que les autres : entre le frère de l’ogre pas très malin et la sorcière fêtarde, pas de risque de s’ennuyer ! Marion Brunet nous montre ainsi que tout n’est pas noir ou blanc, que les méchants ne sont pas forcément ceux qu’on croit.
 

Les illustrations de Till Charlier sont quant à elles toujours très agréables : elles agrémentent le texte. On reconnaît sans mal la petite troupe et les scènes importantes de l’intrigue. Bref un régal !

Avec L’ogre au pull rose griotte, Marion Brunet nous offre donc une histoire complètement différente de son premier tome mais toujours aussi plaisante. Aucun doute que les enfants (et les adultes) s’attacheront à cet ogre et à ces petits héros toujours prêts à faire des bêtises… Et en redemanderont !

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L’ogre au pull rose griotte de Marion Brunet
Edition Sarbacane
190 pages – 10€90

Julien Doré – Les Bêtises

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L'ogre au pull rose griotte de Marion Brunet ♪ Les bêtises ♪
L'ogre au pull rose griotte de Marion Brunet ♪ Les bêtises ♪

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