Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot ♪Aux sombres héros de l’amer♪

samedi-14-novembreJ’avoue avoir commencé Samedi 14 novembre avec un peu d’appréhension : les attentats du 13 novembre 2015 sont encore tout frais dans nos esprits et on nous a tellement balancé d’images sur ce qu’il s’est passé que je craignais que le roman manque de recul : que ce soit encore trop tôt, trop vrai, trop tragique pour que j’accroche.

Le vendredi 13 novembre, à la terrasse d’un café parisien, Pierre fête l’anniversaire de son frère, Benjamin. Soudain, des individus armés sortent d’une voiture noire et tirent à tout-va, et la vie de Benjamin bascule dans l’horreur : la peur, l’incompréhension, mais surtout, il est habité par une colère noire dès qu’il pense à ceux qui ont tué son frère aîné.

Avec pour thème les attentats du 13 novembre dernier, difficile de ne pas se sentir concerné par l’histoire de ce roman ! Dès les premiers mots, le lecteur se retrouve happé par la plume de Vincent Villeminot. En mettant l’accent sur le ressenti de son personnage principal, sur ses sentiments, l’auteur prend le recul nécessaire et nous livre un roman tout en émotions. Le style se veut brut, direct : pas de place pour les jolis mots quand l’horreur frappe. Et malgré une plume qui peut paraître distante ou froide, on s’attache d’emblée à Benjamin. Avec lui, on s’interroge : à sa place, aurions-nous agi différemment ?

Mais avec Samedi 14 novembre, Vincent Villeminot ne nous parle pas uniquement du traumatisme post-attentat. Comme Marion Brunet l’avait fait avec Dans le désordre, l’auteur nous dépeint ici le mal-être de la jeunesse dans toutes ses contradictions : la peur du futur mais l’espoir d’un avenir meilleur, la peur de l’inconnu mais une grande ouverture d’esprit… Le point de vue de Benjamin est mis en avant, mais d’autres personnages nous livrent également leur vision de la tragédie : le témoignage de Layla, une jeune musulmane, marquera tout particulièrement les lecteurs. Vincent Villeminot nous rappelle que rien n’est jamais blanc ou noir, que le monde est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, loin de tout manichéisme.

Vous l’aurez donc compris, la lecture de Samedi 14 novembre a été une vraie claque pour moi : le parlé des personnages, souvent cru et violent, pourra parfois laisser mal à l’aise mais il fait écho à la laideur de la réalité, à la violence des évènements. Sans être un roman témoignage, Samedi 14 novembre a le mérite de poser des mots sur une souffrance silencieuse, d’apporter une vraie réflexion sur un sujet d’actualité encore sensible. N’hésitez donc pas à le découvrir et foncez dans votre librairie le 2 novembre prochain !

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot
Edition Sarbacane
216 pages – 15€50

Aux sombres héros de l’amer – Noir Désir

Favole de Victoria Francés ♪ I’m No Angel ♪

https://i2.wp.com/www.normaeditorial.com/blog/wp-content/uploads/2011/12/012034385.jpgIl y a quelques jours et par hasard, j’ai trouvé Favole, le livre illustré de Victoria Francés. Grande fan de l’illustratrice, j’ai craqué devant ce superbe coffret : j’allais enfin découvrir les talents d’écriture de Victoria Francés.
 
Favole est une jeune femme qui vit à Venise. Un jour, elle croise le chemin d’Ezechiel, un vampire aussi dangereux que mystérieux, et malgré leurs différences, ils tombent amoureux, mais vous vous en doutez bien, il y a un « mais ». Après tout, les histoires ne commencent jamais par « ils vécurent heureux ». Malgré la volonté de Favole, Ezéchiel se parvient pas à transformer l’humaine. Désespérée, elle se jette dans une rivière. Errant entre la vie et la mort, Favole garde l’espoir de pouvoir retrouver un jour celui qu’elle aime.
  
« Après cela, l’esprit de la dame vénitienne renaquit après la mort sous la forme d’un spectre vampirique qui purgeait ses peines sans jamais pouvoir trouver le chemin vers son sinistre amant. Et, dans sa condamnation, elle revint à Venise  pour errer éternellement dans le purgatoire des suicidés. »
 
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Favole n’est pas un livre, c’est une œuvre d’art ! Les illustrations de Victoria Francés ne sont plus à présenter, vous les avez sûrement déjà vues. Elle nous propose des dessins de toute beauté, un magnifique coffret pour redécouvrir ses œuvres.
Le livre est un recueil des plus grandes œuvres de Victoria Francés. Romantiques, gothiques et parfois morbides mais jamais glauques, elles sauront, je n’en doute pas, séduire le plus grand nombre.
Cependant, Favole n’est pas qu’un simple recueil, c’est un vrai roman illustré, avec une vraie histoire. La plume de Victoria Francés est à l’image de ses dessins : poétique et mélancolique. On se laisse embarquer par l’histoire de Favole et d’Ezechiel, ces amants maudits qui ont été séparés.
 
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSFB6VVybxOX_YQ1-2U5CdDMemo3PNNMDaHfZGLDc-J7RCcWS3pG7JLYCXI_Q 
 
Une fois de plus je me répète mais le coffret intégral est vraiment magnifique. Si le prix peut en repousser certains, il ne faut pas oublier que les trois tomes y sont regroupés : Larmes de pierre, Libère-moi et Lumière glacée. Vous y trouverez également l’histoire Angel Wings, un autre conte illustré de Victoria Francés ainsi que le carnet de croquis et d’esquisses de Favole. Le trailer met bien en avant l’ambiance du livre, je vous laisse le découvrir :
 

 
Favole de Victoria Francés
Edition : Milady
272 pages – 35€
♪ I'm no Angel – Era ♪

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Azilis

426 pages de pur bonheur. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois.

On aurait pu avoir peur. Une fille, deux garçons, un triangle amoureux, deux mots : Au secours ! Mais non, pas du tout. Valérie Guinot nous entraine bien au delà : Une jeune fille en quête de liberté. Azilis est un personnage fort, qui nous montre son caractère dès le départ. J'ai particulièrement aimé ce personnage un peu atypique. Une jeune fille de caractère qui a des défauts ! (Si, si, autres que celui d'être parfaite). Elle a un côté "sale gamine" que j'adore, un peu capricieuse sur les bords. Bref, un amour (Vous l'avez compris, j'aime les personnages qui ne sont pas tout rose). Donc Notre Chère Azilis, jeune fille vivant en Gaule au Vème siècle a un avenir tout tracé : elle est la fille de son père, la soeur de son frère et bientôt femme de son mari. Ce qu'elle ne peut concevoir : elle ve de liberté. Le retour de son cousin Aneurin va tout précipiter : Azilis le suit dans ses aventures. Amour (mais pas trop), batailles, magie, tout est au rendez vous pour faire de ce livre un livre palpitant qu'il nous est difficile de lâcher.

L'auteur nous plonge dans l'histoire. On voit bien qu'elle est passionnée par la période arthurienne. Les descriptions, les lieux, rien n'est laissé au hasard. Il n'est donc pas difficile de se mettre dans la peau d'Azilis. On tourne les pages frénétiquement, avec la même soif d'aventure que l'héroïne. Malgré la forte présence de "Niniane" (comme elle se fait appeler aussi), les personnages masculins ne sont pas en reste. Ils trouvent également une bonne place dans le livre et dans l'histoire. Kian, l'esclave d'Azilis (okay, il ne m'a pas franchement emballée – honte sur moi. Mais …. Kian est trop lisse pour que je l'apprécie entièrement.), Aneurin – Le cousin d'Azilis, Arturus, Ninian et Myrddin. Ahhh Myrddin… Mon coup de coeur.
Revenons quand même un peu à l'histoire. Azilis s'enfuit donc avec son cousin et son esclave. Aneurin a un effet prévu d'aller donner au Roi des Bretons, Ambrosius Aurelianus, une épée dotée de pouvoir magique pouvant leur assurer la victoire contre les saxons. L'aventure commence pour notre héroïne. Une aventure qui ne fait que commençait car l'épée de vérité est le premier tome d'une trilogie. Heureusement pour nous, la trilogie est terminée et les tomes
deux et trois sont déjà disponibles.

Le premier chapitre est disponible ici 

Azilis, Tome 1 : L'épée de la liberté (de Valérie Guinot)
Edition Rageot.
426 pages – 15,80€

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